Imaginons  un département du Lot ou la consommation d’énergie serait plus rationnelle : les maisons correctement isolées, les usages de l’électricité mieux maîtrisées, ainsi que les déplacements grâce à un développement réel du covoiturage, de l’auto partage et des transports en communs ! Dans ce département, la consommation d’énergie serait alors réduite de près de la moitié si les hypothèses nationales se vérifient localement.Cet ordre de grandeur montre l’ampleur des efforts à réaliser, d’un point de vue politique, technique et économique, sur l’ensemble des bassins de vie du département. Le grand défi étant de rationnaliser cette approche avec un objectif de confort à l’identique.

Quelles énergies renouvelables pour le Quercy ?

Après avoir éradiqué le gaspillage et fournis les efforts nécessaires pour une efficacité énergétique, nos besoins maîtrisés pourront être couverts par les énergies renouvelables et locales abondantes.

Le Schéma Régional Air Energie de Midi-Pyrénées (SCRAE), lancé suite au Grenelle dans chaque région de France (en 2010 et 2011), a permis de mettre en évidence les ressources en énergie renouvelable du département :

  • L’énergie solaire : pour la production d’eau chaude, électricité et climatisation, d’autant que le Lot est dans une des zones les plus exposées au rayonnement solaire en France ;
  • Le bois énergie : pour les besoins de chauffage principalement, d’autant que la forêt occupe près de 40 % de l’espace foncier, notamment en Bouriane et en Ségala ou elle est la plus productive ;
  • La micro-hydraulique : pour la production d’électricité selon les différents cours d’eau dont le débit annuel est suffisant (Lot, Dordogne, Célé, Tolerme…etc).

D’autres énergies sont mobilisables en complément, mais sont réservées à des secteurs ou la ressource est suffisamment disponible :

  • Le biogaz : les secteurs de production laitier et élevages en intégration (le Ségala/Limargue notamment), les boues de stations d’épuration et les déchets fermentescibles urbains (Cahors, Figeac, Gourdon…) et les déchets fermentescibles d’entreprises agro-alimentaires ;
  • L’éolien : le schéma régional éolien a ciblé le Ségala comme une zone très favorable, le Quercy Blanc est également cité.

On peut également ajouter les énergies suivantes dont le potentiel est limité sur notre département :

  • La géothermie : Principalement par le biais de Pompes A Chaleur (PAC) couplées à des sondes géothermiques (forages verticaux ou champs horizontaux). Elles sont recommandées uniquement pour les secteurs de vallées (Lot, Dordogne). Attention, il est nécessaire de bien les différencier des Pompes à Chaleur aérothermiques dont on peut mettre en doute l’efficacité réelle sur les causses du Quercy et le Nord du département (COefficient de Performance moyen annuel réel bien inférieur à ceux annoncés) et qui contribuent à accentuer le problème des appels de puissances électriques d’hiver auquel notre département est particulièrement sujet.
  • Les agro-carburants peuvent aussi être développées sur les terres agricoles du Quercy Blanc par exemple, mais la concurrence avec les usages alimentaires de ces terres invitent à la prudence! Cependant l’utilisation en interne d’huile végétale pure (automoteurs) et des sous produits (tourteaux pour l’alimentation animale) conduit à une forte diminution des gaz à effet de serre en substitution d’aliments importés (Soja OGM notamment) et d’énergie fossile.

Notre territoire possède des ressources énergétiques renouvelables conséquentes estimées à 215 kTep (soit 61% de la consommation actuelle) (cf article quelles énergies renouvelables pour le Quercy ?)

A partir d’une réduction de 40% de ses consommations énergétiques via des actions de sobriété et d’efficacité énergétique, le territoire départemental pourrait, en mobilisant le potentiel issu des énergies renouvelables actuellement disponible, être considéré comme « territoire neutre énergétiquement ».

Ceci se faisant sans rupture technologique et sans pour autant diminuer ses capacités de développement économique et social et sans impacter le cadre de vie ! Bien au contraire. Si à ce jour environ un quart de la consommation d’énergie est produite localement (principalement par le bois et l’hydraulique), il serait donc possible qu’à court terme notre indépendance énergétique soit quasi-totale pour éviter d’avoir recours à de nouvelles énergies fossiles comme les gaz de schistes. Il est donc possible d’être neutre énergétiquement, et même d’envisager d’être un territoire à énergie positive en accentuant les efforts d’économie d’énergie au-delà de 40%. Ces efforts ne semblent pas démesurés.

Sur la base de ces éléments, il reste bien entendu à préciser nombre de paramètres, par rapport à l’évolution des usages, l’adéquation entre ressources et besoins, puissances et consommations, ainsi que par rapport aux capacités de nos territoires à mener ce type de transition énergétique. Les échéances devront être également débattues, validées, assumées et l’évaluation reste un challenge.

Le premier travail à réaliser est donc l’évaluation du gisement d’économie d’énergie : connaître précisément le potentiel de « NégaWatt » du département par usage et par secteur (thermique, électrique, et transport). En parallèle il convient de développer toutes les énergies renouvelables du département : solaire, bois, micro-hydraulique, biogaz, éolien. On le sait, le chemin n’est pas utopiste !

Il est donc nécessaire que les pouvoirs publics donnent l’exemple, mais également que chacun d’entre nous s’applique cette règle de base à propos de sa propre consommation énergétique : NégaWatt !

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