Le bois énergie : le potentiel en énergie renouvelable le plus important pour atteindre l’autonomie énergétique

Le bois énergie peut être utilisé pour :

  • La production d’eau chaude pour des usages domestiques ou de vapeur pour les usages industriels ou de cogénération (production de chaleur et d’électricité simultanée);
  • La production de Gaz de bois pour le fonctionnement de moteurs, principalement aujourd’hui dans une optique de cogénération;

A ce jour, le bois énergie fourni 48 kTEP, principalement par le biais de poêles et d’inserts installés chez les particuliers (45 kTEP). Il s’agit majoritairement de la consommation de bûches de chêne, relativement constante, même si il apparaît qu’elle tend à diminuer avec l’augmentation des rendements des poêles privatifs notamment. Cette consommation est également à mesurer d’un point de vue de son impact sanitaire et environnemental : il est nécessaire de continuer à améliorer les rendements des installations, en raison de l’émission de particules qui peuvent être néfastes sur le long terme.

Cette problématique est moins importante en ce qui concerne la consommation de bois dans les chaudières collectives qui est relativement restreinte aujourd’hui comparativement à la consommation des ménages : 3 kTEP/an (0,8% de la consommation d’énergie totale du département) sont consommées sous cette forme, à parts égales entre entreprises et collectivités, et dont la ressource est répartie comme suit :

  • Produits connexes de scieries et menuiseries (45 %),
  • Bois d’élagage routier (35 %),
  • Bois de classe A récupérés en déchèteries (10 %),
  • Bois forestier (10 %).

Au-delà des micro-réseaux de chaleur au bois développés pour leurs grands intérêts en faveur de l’économie locale et de l’environnement (entretien et gestion raisonnée des forêts, …), vont se développer les centrales de cogénération. A ce jour la politique nationale ne soutient cependant pas les centrales de petites à moyennes puissance (<5MegaWatt-électrique), malgré le Lobbying du CLER et du CIBE où œuvre Quercy Energies en tant qu’Agence Locale de l’Energie.

Les réflexions ont cependant déjà été engagées au niveau du département du Lot, notamment depuis 2004 où, dans le cadre d’une étude départementale pour la cogénération conduite par Quercy Energies avec l’appui d’un expert en cogénération Wallon, des potentiels significatifs avaient été identifiés sur Cahors, Figeac, Gourdon ou Biars. Ces projets devraient se concrétiser, selon l’évolution prochaine de la politique nationale de soutien à la cogénération, pour les projets de chaufferie bois de Gourdon et de Figeac.

Les différentes études de ressources menées par Quercy Energies au niveau local ou par l’IFN/Solagro au niveau national, estiment la ressource supplémentaire disponible sur le département comme suit :

  • sous-produits (élagage, connexes de scieries, etc.) : 2 kTEP
  • rémanents forestier : de l’ordre de 15 kTEP supplémentaires, en se basant sur les prévisions de l’exploitation forestière actuelle (dont on projette de récupérer les rémanents), et près de 50 kTEP si l’on envisage d’augmenter significativement l’activité forestière.

Ainsi, le potentiel supplémentaire de ressource bois sur le département du Lot est estimé à près de 52 kTep, soit 30% d’énergie d’origine renouvelable en plus pour une consommation totale réduite de moitié selon les deux premiers axes du « NégaWatt »

L’énergie solaire : eau chaude et électricité, un potentiel insoupçonné !

Le Lot bénéficie d’un ensoleillement très favorable permettant de valoriser de manière importante cette source illimitée soit en électricité (photovoltaïque) soit en chaleur (thermique).

Le solaire thermique peut participer à couvrir 50 % des besoins d’eau chaude sanitaire de tous les foyers, et contribuer jusqu’à 30% des besoins en chauffage, voire à la climatisation (technologie en devenir) de certaines constructions. Ainsi, si chaque foyer lotois était équipé d’un chauffe-eau solaire individuel, on peut estimer que 5 kTEP pourraient être produites par le solaire thermique.

L’électricité solaire est également un gisement très important dans le Lot : les parkings, les toitures de bâtiments industriels et administratifs, de hangar, quelques centrales au sol sur des terrains ne concurrençant pas l’agriculture ou la forêt (Zone Industrielle, décharge…) devraient permettre une production d’énergie électrique abondante et décentralisée.

Le potentiel de production d’énergie électrique solaire, si l’on y consacre 0.1 % de la surface du département (soit 520 ha), est estimé à 50 kTep. Soit l’équivalent d’environ 30 m² de capteurs par habitant… A noter qu’au 30 septembre 2010, seulement 5 ha étaient mobilisés pour la production d’énergie électrique solaire.

L’énergie solaire, bien utilisée, permettrait ainsi de fournir 55 kTep, soit plus de 30% d’énergie électrique et calorifique supplémentaire pour une consommation totale réduite de moitié selon les deux premiers axes du « NégaWatt ».

3/ La méthanisation : un gisement de gaz bien plus pertinent que les gaz de schiste !

Le Lot bénéficie de ressources en produits fermentescibles conséquents. Les principaux gisements sont les lisiers, fumiers et purins d’exploitations agricoles de bovins ou de porcins, les boues de station d’épuration, les déchets graisseux (abattoirs...), les déchets organiques d’industries agro-alimentaires, etc. Les ressources végétales ligneuses sont écartées de par la difficulté de méthaniser du bois brut.

A ce titre, plusieurs études ont été menées et quelques réalisations existent déjà : IAA Andros, coopératives agricoles privées à Parnac, Luzech et Loubressac, projet d’unité collective à Lacapelle-Marival, exploitation agricole à Mayrac, …

Là encore, la politique énergétique nationale a freiné considérablement le développement de cette filière par le passé (cf. développement de la méthanisation en Allemagne) mais les contraintes européennes lui imposent depuis peu (mai 2011) de rendre accessible et rentable ce type d’installation à court et moyen terme. La mise en œuvre demande cependant une valorisation maximale de l’énergie thermique produite (souvent très importante) qui peut devenir une contrainte si les besoins thermiques proches sont faibles.

Le potentiel de production de gaz méthane à partir de ces déchets fermentescibles est estimé entre 10 et 15 kTep mais reste cependant à affiner avec la précision des études de cas, soit près de 7% d’énergie renouvelable supplémentaire pour une consommation totale réduite de moitié selon les deux premiers axes du « NégaWatt ».

4/ L’éolien et la micro-hydraulique

L’énergie hydraulique est déjà largement exploitée dans le Lot : elle permet aujourd’hui de produire 32 kTEP (source OREMIP 2003), et quelques nouveaux projets pourraient venir conforter cette production.

Le projet d’implantation d’éolienne de Sousceyrac/Saint-Saury prévoit la production de 3 kTEP d’énergie électrique par année. Même si la reproductibilité d’une telle installation n’est pas évidente au vu du faible potentiel venteux du Lot (Seul le Haut-Ségala et le Quercy Blanc sont ciblés comme des zones à potentiel suffisant), la réalisation de 3 à 4 parcs éoliens similaires sur le département (étude de cas en cours à Gréalou) permettrait donc d’atteindre facilement une production de l’ordre de 10 kTep.

Le potentiel de production d’électricité à partir des énergies du vent et de l’eau est donc estimé entre 40 et 50 kTEP, soit près de 30% d’énergie électrique renouvelable supplémentaire pour une consommation totale réduite de moitié selon les deux premiers axes du « NégaWatt ».